mercredi, février 10, 2010

ONGs : quand la fin justifie les moyens



Gita Saghal occupe le poste de chef de la section "genre" (pour ne pas dire "sexe") chez la vénérable Amnesty International.

En gros, elle se spécialise dans les questions d'égalité homme-femme, de droits de la femme, de discrimination, pour le compte d'un organisme dont la mission, mondialement reconnue et soulignée est d'œuvrer "pour le respect et la protection des droits humains universellement reconnus."

Bref, le combat qu'AI  mène pour faire reconnaître l'égalité des hommes et des femmes devant la loi des hommes ne peut trouver écho à l'intérieur de certaines franges du spectre socio-politique. 

Le 8 février dernier, Gita Saghal était suspendue de son poste par la direction d'AI.

Sa faute? Avoir dénoncé les liens étroits qu'entretient Amnesty International, qui lutte pour la reconnaissance des droits humains, et des individus faisant l'apologie de l'islamisme radical. Parmi eux, un certain Moazzam Begg.
Cet activiste Britannique d'origine pakistanaise, qui est né en banlieue de Birmingham, a passé quatre ans au Club Merde de Guantanamo après avoir été accusé - à son insu - d'être un "combattant illégal", au sens tordu que donnait l'administration Bush à ce terme les justifiant de se torcher avec les Conventions de Genève.  Il a été libéré en 2005, alors que la Grande-Bretagne a décidé de rapatrier ses ressortissants emprisonnés sous le soleil cubain.

Depuis, il milite contre tout ce qui entoure la "guerre au terrorisme" et la politique étrangère de l'administration Bush, notamment dans son livre Enemy Combatant: My Imprisonment at Guantanamo, Bagram, and Kandahar. Évidemment, nul ne peut remettre en question le droit du bonhomme à exprimer son point de vue politique.

Cependant, là où le bât blesse, c'est quand on se rend compte que Begg est, et a toujours été, un farouche et vocal supporter des Talibans et d'al-Qaeda. Selon Gita Seghal - qui oeuvre dans le domaine des droits humains depuis 30 ans - l'organisation de Begg, Cageprisoners, en est une "jihadiste", et elle a condamné l'attitude complaisante d'AI envers cet organisme, et avec qui elle s'est associée, qualifiant Begg de "militant des droits de la personne".

"Les ennemis de mes ennemis sont mes amis," dit l'adage. Cependant, en endossant Cageprisoners, AI endosse systématiquement les vues de Begg, apologiste des Talibans.

C'est ça que Seghal dénonce : la propension qu'a Amnesty International - et par ricochet d'autres organisations de gauche - de s'associer avec n'importe quel organisme militant, sans trop réfléchir à l'agenda profond que peuvent avoir certaines organisations ou certains individus.

Pour ce crime de lèse-majesté - critiquer le "monopole de la vertu" - Gita Seghal a été clouée au pilori car, apparemment, nul ne peut remettre en question Amnesty International.

Pas même une de leur plus fidèles membres.

Communiqué de Mme Seghal

Article du Sunday Times






mardi, février 09, 2010

Pubs du Super Bowl : #1

Tout simplement géniale!

Féminisme "blé entier", pour une meilleure régularité sociale


À la Fédération des Femmes du Québec, qui n'a jamais voulu se prononcer sur les questions de "crime d'honneur" et du port du voile intégral, je fais une petite suggestion de lecture de chevet* de la part de Stop Honour Killings, un organisme féministe militant pour l'abolition de ce crime contre l'humanité.  

La lettre, pour celles et ceux qui la trouveraient trop longue se résume en une diatribe contre les groupes dits "de gauche" qui, au nom d'une supposée lutte anti-capitaliste et anti-impérialiste, ont tendance à se faire la belle part aux groupes islamistes jugés victimes de l'intolérance de la société bourgeoise. 

Selon l'organisme, ces groupes péchent par l'ignorance - volontaire ou non - que ces derniers militent d'arrache pied pour un Islam POLITIQUE, qui inclut l'application de leur version de la shari'a, qui prévoit pour les femmes l'assurance d'une vie aussi épanouie que celle d'une religieuse cloîtrée.

Bien entendu, l'Objecteur, malheureusement affublé d'un pénis (blanc) et donc un macho facho, ne peut comprendre la délicatesse d'une prise de position tranchée de la part de la FFQ dans ce dossier, surtout qu'il n'a jamais rien vu ni vécu .

Cependant, si vous considérez toujours les femmes musulmanes comme des hérétiques à la noble cause de votre féminisme "white bread", vous pouvez toujours appuyer les femmes autochtones, qui dénoncent l'impunité avec laquelle le conseil de bande de Kanhawake brise les familles métisses.

  

Mettre les priorités à la bonne place



Pendant que le gouvernement canadien lutte avec acharnement pour expulser une famille française du pays parce que leur enfant, accusant un léger handicap intellectuel, "coûtera trop cher à l'État", le Ministère de l'immigration se penchera tout de même sur le cas de trois criminels, membres de gangs de rue et déportés vers Haïti, afin de voir s'ils sont éligibles à une exemption ministérielle pour revenir au pays "sur des bases humanitaires".

Dans le coin droit - celui de la méchante raison et de l'argent : une famille originaire de France dont l'homme, ingénieur informaticien, a fondé sa propre entreprise, et qui ont échoué l'examen médical au cours du processus d'évaluation de leur demande de résidence permanente. Les soins à prodiguer à leur fille, selon les dires du gouvernement, coûteraient "plus chers que la moyenne nationale" et représenteraient un "fardeau excessif". Bref, une famille de profiteurs qui ont essayé, en vain, de faire passer la facture médicale de leur progéniture sur le bras canadien.

Dans le coin gauche - celui de la vertu et du coeur sur la main : trois criminels, tous condamnés pour gangstérisme et autres crimes reliés à la drogue, dont un avait demandé à son fils de 12 ans de cacher du crack dans son lit. Trois chérubins traumatisés par la tragédie du séisme qui a frappé leur île, et qui implorent la société canadienne - qui les avait si généreusement accueillis et à qui ils avaient si bien rendu la pareille - de leur permettre de revenir pour des motifs ô combien humanitaires.

Mais bon, comme je suis un intolérant et que je ne comprends rien à la misère, il est clair que d'affirmer que les trois amigos haïtiens ont droit à une pénultième chance ferait preuve d'une incommensurable magnanimité. Que les milliers de familles haïtiennes sans reproche en attente d'une réponse de la part des autorités canadiennes prennent leur mal en patience.








lundi, février 08, 2010

The Final Countdown?

Pendant que Total intensifie ses activités pétrolières en Alberta, qui se transforme lentement mais sûrement en paysage digne du Mordor de Tolkien...

La Chine ne compte plus qu'une cinquantaine de tigres sauvages

Une association s'alarme contre la disparition de l'espèce. En cause, la chasse et la dégradation de l'environnement.

Un tigre de Sibérie dans un parc chinois, en 2008 (REUTERS/Sheng Li)
      
Éviter que l'année du tigre en Chine ne soit celle de sa disparition. C'est l'objectif de la Société pour la préservation de la vie sauvage, un groupe environnemental basé aux États-Unis, et dont la directrice du programme chinois a mis en garde lundi contre l'extinction du tigre dans le pays.

Alors que le nouvel an chinois approche, Xie Yan a souligné lors d'une conférence de presse que les tigres étaient encore très présents il y a vingt ans. Mais selon des statistiques de l'an 2000, il resterait seulement une quinzaine de tigres du Bengale au Tibet, 10 tigres d'Indochine dans le sud-ouest du pays et une vingtaine de tigres de Sibérie dans le Nord-est.

Le tigre du Sud de la Chine pourrait déjà avoir disparu. Selon le Fonds mondial pour la nature (WWF), aucun n'a été aperçu depuis la fin des années 70 alors qu'ils étaient encore quelque 4.000 dans les années 50.

Leur rapide disparition est à attribuer à la chasse mais aussi à la dégradation de leur environnement naturel. Si la Chine a banni le commerce d'os de tigres et autres produits similaires en 1993, elle n'a pas su éradiquer le braconnage, selon les experts.

Mais «l'an dernier pour la première fois j'ai repris confiance face au soutien» des autorités, a affirmé Xie Yan. «La gestion des réserves naturelles s'améliore et on voit de la compréhension dans les communautés locales. J'espère donc que l'année du Tigre va marquer un tournant pour sa préservation en Chine», a-t-elle lancé.

L'espoir se focalise sur le Nord-est, limitrophe de la Sibérie où des centaines de tigres vivent. La situation du tigre sauvage n'est pas spécifique à la Chine. Le mois dernier, le WWF a averti que leur nombre en Asie du sud-est avait chuté de 70% en douze ans.

Selon un rapport publié avant une réunion en Thaïlande des treize pays asiatiques abritant encore des félins, leur nombre dans la région du Grand Mékong (Cambodge, Vietnam, Laos, Birmanie, Thaïlande) est tombé à environ 350, contre 1.200 en 1998.

Il n'existerait plus que 3.000 tigres dans le monde, contre 20.000 dans les années 80 et 100.000 il y a un siècle.

Source : AFP (via Libération)

mercredi, février 03, 2010

Un peu d'humour "extrémiste"

 
(Image :RAWA)


Dans la foulée du scandale entourant le transfert des insurgés capturés par les Forces Canadiennes et transférés aux autorités afghanes, je vous invite à lire une lettre - fictive - adressée par un représentant du Ministère de la Défense nationale à un citoyen concerné :

National Defense Headquarters
MGen George R. Pearkes Bldg, 15 NT
101 Colonel By Drive
Ottawa, ON K1A 0K2
Canada


Dear Concerned Citizen,

Thank you for your recent letter expressing your profound concern of treatment of the Taliban and Al Qaeda terrorists captured by Canadian Forces who were subsequently transferred to the Afghanistan Government and are currently being held by Afghan officials in Afghanistan National Correctional System facilities.

Our administration takes these matters seriously and your opinions were heard loud and clear here in Ottawa .

You will be pleased to learn, thanks to the concerns of citizens like yourself; we are creating a new department here at the Department of National Defence, to be called 'Liberals Accept Responsibility for Killers' program, or L.A.R.K. for short.

In accordance with the guidelines of this new program, we have decided to divert one terrorist and place him in your personal care.

Your personal detainee has been selected and is scheduled for transportation under heavily armed guard to your residence in Toronto next Monday.

Ali Mohammed Ahmed bin Mahmud (you can just call him Ahmed) is to be cared for pursuant to the standards you personally demanded in your letter of complaint.

It will likely be necessary for you to hire some assistant caretakers.. We will conduct weekly inspections to ensure that your standards of care for Ahmed are commensurate with those you so strongly recommend in your letter.

Although Ahmed is a sociopath and extremely violent, we hope that your sensitivity to what you described as his 'attitudinal problem' will help him overcome these character flaws.

Perhaps you are correct in describing these problems as mere cultural differences..

We understand that you plan to offer counselling and home schooling.

Your adopted terrorist is extremely proficient in hand-to-hand combat and can extinguish human life with such simple items as a pencil or nail clippers.

We advise that you do not ask him to demonstrate these skills at your next yoga group.

He is also expert at making a wide variety of explosive devices from common household products, so you may wish to keep those items locked up, unless (in your opinion) this might offend him.

Ahmed will not wish to interact with you or your daughters (except sexually) since he views females as a subhuman form of property.

This is a particularly sensitive subject for him and he has been known to show violent tendencies around women who fail to comply with the new dress code that he will recommend as more appropriate attire.

I'm sure you will come to enjoy the anonymity offered by the burka over time. Just remember that it is all part of 'respecting his culture and religious beliefs' as described in your letter.

Thanks again for your concern. We truly appreciate it when folks like you keep us informed of the proper way to do our job and care for our fellow man.

You take good care of Ahmed and remember we'll be watching.

Good luck and God bless you.

Cordially,
Whomever wrote this on behalf of,
 
Department of National Defence

Club sélect citoyen


(Crédit vidéo : Matt Groening/Gracie Films/Fox Network) 

Mai 2007 : une jeune femme se voit expulsée de la terrasse du bar gay le Stud, sous prétexte que le débit de liquide euphorisant n'est réservé qu'aux hommes.

Janvier 2010 : le site de rencontre anti-pichou beautifulpeople.com annule l'abonnement de 5000 de ses membres sous prétexte que ces milliers d'ingrats de leur physique ont pris du poids durant la période des Fêtes.

Février 2010 : la France refuse sa citoyenneté à un homme - dont la nationalité n'a pas été dévoilée - car il impose à son épouse française le port du voile intégral, ce qui est, aux dires mêmes du ministre français de l'immigration, "contraire aux valeurs républicaines françaises".

Les deux premiers cas peuvent vous amener à vous poser une question à un million de gourdes* : c'est quoi, le rapport?

Eh bien le voici : dans les deux premiers exemples, il s'agit de clubs et d'établissements privés, donc qui peuvent décider qui entre et qui sort, peu importe qu'on trouve ça controversé ou injuste.

Par contre, dans le cas de la citoyenneté, peut-on, doit-on, appliquer des règles pouvant mener à son refus ou à sa révocation?


Dans la foulée de sa résolution bannissant le port du voile intégral, la France a réaffirmé ce qu'elle désigne comme ses "valeurs républicaines", au sommet desquelles semble trôner la laïcité.

Si on pense également la récente fatwa contre le port de la burqa prononcée par le sheikh Mohammad Sayyed Tantawi, grand imam de la mosquée égyptienne d'al-Azhar, ainsi qu'aux propos de la militante féministe Djemila Benhabib (dont le discours anti-voile est mystérieusement rejeté par les féministes québécoises), il semble que l'Hexagone trouve les arguments nécessaires au sein du monde musulman pour justifier sa position.

Cependant, cette vision se frotte à celle qui voit le concept de citoyenneté comme subordonnée aux droits fondamentaux garantis par la Déclaration universelle des Droits de l'Homme, ainsi qu'aux droits garantis par les constitutions qui régissent la cadre légal des États. 

Par contre, ceux qui seront tentés de camper sur la dernière position, plus internationaliste, doivent se rappeler de l'article 2 de la Charte des Nations Unies, dont le premier paragraphe garantit la souveraineté totale et complète des États membres. Cet article permet donc, en principe, à un État de se doter d'un système qui va dans le sens des valeurs et des principes qu'il choisit de promouvoir.

À la lumière de ces arguments, il est clair que l'octroi de la citoyenneté, qui fait d'un individu migrant un membre à part entière de sa société d'accueil, peut être refusée si un candidat adopte des valeurs qui peuvent être considérées à l'opposé de celles véhiculées par celle-ci, telles que l'égalité entre les hommes et les femmes ainsi que le rejet de ce qu'elle peut considérer comme des "extrémismes". À ce titre, rappelons-nous le cas du militant néo-nazi Ernst Zundel, à qui la citoyenneté canadienne a été maintes fois refusée, ce qui a facilité son expulsion du Canada en mai 2003.

Quant à la révocation de la citoyenneté, elle est possible dans la plupart des pays. Ce qui diffère d'État en État, ce sont les raisons pouvant mener à une telle sanction. Au Canada, seules "la fraude, la fausse représentation et la dissimulation de faits au moment de la demande de citoyenneté peuvent mener à la révocation de celle-ci. Donc, seul un immigrant risque de la perdre, contrairement à un invididu né au pays.

Cette disposition peut poser problème. Un exemple flagrant est celui de la famille Khadr dont un des fils, Omar, est tristement célèbre pour son séjour sous le soleil tropical de Guantanamo Bay. Cette famille, surnommée par le magazine MacLean's "Canada's first family of terror", est notoire pour ses liens étroits avec Oussama bin Laden, ainsi que pour leurs déclarations rejetant du revers de la main les valeurs occidentales et faisant l'apologie de l'idéologie islamiste et du terrorisme.  

Par contre, le fait que les enfants de la famille soient nés au Canada protège leur citoyenneté et empêche, par le fait même, leur déportation.

Les Khadr, par leur historique - le patricarche a été tué dans les zones tribales du Pakistan lors d'un raid des forces pakistanaises - et leurs propos, documentés, pouvant inciter à la haine, sont-ils moins un danger pour la sécurité nationale que Ernst Zundel? Et le cas échéant, L'État devrait-il se doter des moyens légaux afin de pouvoir retirer leur citoyenneté à des individus qui sont nés en son sol?

 Question épineuse sur cette problématique qui malheureusement, comme nombre d'autres qui touchent à la question des droits et libertés, est grande ouverte aux dérapages.

















*Too soon?

lundi, février 01, 2010

Afghanistan, Irak, Yémen, ...

Le visage des droits de la personne, selon al-Qaeda (Photo : Martin Forgues)

Un nouveau front est-il en train de s'ouvrir dans la guerre au terrorisme?

La stratégie d'al-Qaeda de s'étendre dans plusieurs pays "déchus" (failed states) pourrait porter fruit, puisqu'elle forcerait les USA et ses alliés de s'impliquer sur plusieurs fronts.

N'est-ce pas là un argument en faveur de l'"interventionisme humanitaire" et du "nation building"?

L'occasion - ratée - de se taire

Le Ministre Nicholson, livrant sa déclaration au sujet d'Omar Khadr. (Image : Warner Bros.)


« Le gouvernement est heureux que la Cour suprême ait reconnu "la responsabilité constitutionnelle de l'exécutif de prendre les décisions concernant les affaires étrangères dans le contexte de circonstances complexes et en fluctuation constante, en tenant compte des intérêts nationaux plus larges du Canada."

La Cour suprême a renversé deux décisions antérieures de tribunaux inférieurs et a jugé que le gouvernement n'est pas tenu de demander le rapatriement au Canada du présumé terroriste Omar Khadr.

Omar Khadr fait face à des accusations très graves, notamment de meurtre, tentative de meurtre, complot, soutien matériel à des activités terroristes et espionnage.

Le gouvernement étudiera avec soin la décision de la Cour suprême et déterminera quelles mesures additionnelles il prendra. »

Bref, "le party est pogné" dans le bureau du Premier Ministre...Et il y a fort à parier que l'eau coule à flots dans des verres pas de glace.

Omar Khadr, faut-il le rappeler, est ce jeune ressortissant canadien, le dernier occidental à être emprisonné dans ce vide judiciaire qu'est Guantanamo Bay.

Oui, il est accusé de meurtre et de complot terroriste.

Oui, il a été capturé au beau milieu d'un combat entre des combattants d'al-Qaeda et l'armée américaine.

Oui, il faisait clairement partie de la nébuleuse Bin Laden, vu les liens entre sa famille et le Terroriste en Chef, et l'implication de son père, tué au Pakistan lors d'un affrontement contre les forces pakistanaises.

Mais le point est : il doit être sorti de Guantanamo et être jugé à l'intérieur du système de justice criminelle, fut-il civil ou militaire.

Le gouvernement Harper, aveuglé par son idéologie, manque une occasion en or de démontrer une supériorité morale face aux extrémistes en accordant à un combattant ennemi le droit à un traitement judiciaire équitable.

Mais bon, comme a déjà dit un sage : "On peut pas. L'Alberta embarquera pas".

Oyez, Oyez, bons citoyens payeurs de compteurs d'eau



 NOTE : Comme je ne trouvais pas de bonne image de Claude Dauphin, le président du Conseil de ville, j'ai opté pour une image de l'illustre acteur français, Claude Dauphin.

Afin de vous faire oublier tous ces "scandales" rapportés par des journaleux au nez de tamanoir et sans vergogne, le dauphin de l'administration Tremblay, M. Claude Dauphin, vous invite à tourner votre regard vers l'écran de fumée à votre droite et à participer à notre soirée country organisée à la Maison du citoyen.

Une occasion en or de vous sentir "comme dans campagne" tout en vous sauvant d'avoir à jamais y mettre les pieds!

De plus, cette soirée gratuite - payée entre autres par les citoyens du Plateau qui n'ont rien à foutre du country sauf pour être ironique - vous est présentée par Hydro-Québec, qui vous rappelle que même en tant qu'actionnaire automatique de la société d'État, voter, c'est pas nécessairement acheter.

Venez en grand nombre saluer le maire Tremblay, qui ira de sa fameuse reprise du succès de Renée Martel, "J'ai un scandale qui ne veut pas mourir".

Vous pourrez également participer à notre concours, "Où est Tony?", qui vous donnera la chance de garnir de goudron et de plumes un contracteur en construction de votre choix.

Détails du concours à l'endos de l'avis de majoration de votre compte de taxes.
C'est à ne pas manquer!


Lock-out : Un an après, débats en suspens

(crédit image : www.lecornichon.qc.ca)


Je ne commente que rarement ce qui se passe à la télévision. Cependant, l'Objecteur est un observateur de l'actuaité, et parfois même lorsqu'il s'indulge dans les plaisirs coupables du divertissement télévisuel, des questions très sérieuses peuvent éclore dans son esprit parfois un peu tordu.

C'est dans cet esprit que je désire faire un retour sur l'émission Tout le monde en parle d'hier...

Plusieurs bons invités, mais une question, comme ça, dans la catégorie "on jase, là" :

Où étaient les représentants du syndicat des travailleurs de l'information du Journal de Montréal?

Tout le monde en parle est, aux dires même de son animateur/officiant, une émission qui aborde les sujets chauds en invitant des acteurs-clé de l'actualité. 

Il me semble qu'il aurait été d'intérêt d'inviter sur le plateau de cette tribune millionnaire celles et ceux qui, depuis un an, subissent l'humiliation et l'abus d'un patron de presse qui, tel Néron sur son balcon, se plaît à regarder le journalisme sérieux et professionnel brûler en jouant de sa télécommande Illico. 

(En plus de perdre son temps à envoyer une injonction à un ex-journaliste surnuméraire qui n'est plus à l'emploi du quotidien depuis plus de 18 mois). 

 Mais bon, mon ami Fab, intrépide enquêteur journalistique devant l'Éternel, me dit que le sujet du lock-out a été abordé lors de la spéciale du 31 décembre.

Connaissant son intégrité - sa présence sur le plateau de ce soir-là - il est clair que je le crois sur parole.

N'empêche, le premier anniversaire de ce congédiement symbolique aurait pu être souligné ce soir-là, d'une façon ou d'une autre, ne serait-ce qu'en abordant le thème de la convergence ou de la crise des médias imprimés. Tout comme Loco Locass ne sont pas venus commenter leur "double-dipping" plus en profondeur que la réplique de Biz à la nouvelle Louise Cousineau de la Presse, Hugo Dumas.

Dommage que le format de l'émission s'y prête mal, puisque celles qui pourraient aborder le sujet sérieusement sont souvent en carence d'un audimat qui n'est pas déjà converti à la prêche. 

Et malheureusement, l'éclipse médiatique que représente la tragédie d'Haïti a fait aussi passer ce triste anniversaire dans les oubliettes de l'actualité.

On a bien parlé du spectacle donné au cabaret La tulipe. Cependant, la controverse entourant Loco Locass est venu un peu gâcher le message que les cadenassés ont voulu envoyer.

Heureusement, il restait Rue Frontenac pour souligner cet anniversaire. Mais il aurait fallu que le 24 janvier dernier soit devenu une occasion en or pour relancer le débat sur la convergence médiatique, la collusion des entreprises de presse et des partis politiques, la transformation des médias imprimés et l'avenir du web dans la diffusion de l'information.

Je termine cet article en réaffirmant mon soutien indéfectible aux cadenassés, et bien que plusieurs amis et connaissances  en fassent partie, la motivation profonde de cet appui réside dans le fait que l'enjeu de ce conflit va bien au-delà de la protection des emplois des madames des petites annonces.

C'est la protection de la diversité de l'information, cruciale à la démocratie, qui est en jeu.




Rip-off de Patrick Lagacé

Pourquoi suis-je fasciné par cette photo? (Désolé, Patrick...Ton chèque est dans la malle).

(Photo : Reuters)