lundi, février 01, 2010

Lock-out : Un an après, débats en suspens

(crédit image : www.lecornichon.qc.ca)


Je ne commente que rarement ce qui se passe à la télévision. Cependant, l'Objecteur est un observateur de l'actuaité, et parfois même lorsqu'il s'indulge dans les plaisirs coupables du divertissement télévisuel, des questions très sérieuses peuvent éclore dans son esprit parfois un peu tordu.

C'est dans cet esprit que je désire faire un retour sur l'émission Tout le monde en parle d'hier...

Plusieurs bons invités, mais une question, comme ça, dans la catégorie "on jase, là" :

Où étaient les représentants du syndicat des travailleurs de l'information du Journal de Montréal?

Tout le monde en parle est, aux dires même de son animateur/officiant, une émission qui aborde les sujets chauds en invitant des acteurs-clé de l'actualité. 

Il me semble qu'il aurait été d'intérêt d'inviter sur le plateau de cette tribune millionnaire celles et ceux qui, depuis un an, subissent l'humiliation et l'abus d'un patron de presse qui, tel Néron sur son balcon, se plaît à regarder le journalisme sérieux et professionnel brûler en jouant de sa télécommande Illico. 

(En plus de perdre son temps à envoyer une injonction à un ex-journaliste surnuméraire qui n'est plus à l'emploi du quotidien depuis plus de 18 mois). 

 Mais bon, mon ami Fab, intrépide enquêteur journalistique devant l'Éternel, me dit que le sujet du lock-out a été abordé lors de la spéciale du 31 décembre.

Connaissant son intégrité - sa présence sur le plateau de ce soir-là - il est clair que je le crois sur parole.

N'empêche, le premier anniversaire de ce congédiement symbolique aurait pu être souligné ce soir-là, d'une façon ou d'une autre, ne serait-ce qu'en abordant le thème de la convergence ou de la crise des médias imprimés. Tout comme Loco Locass ne sont pas venus commenter leur "double-dipping" plus en profondeur que la réplique de Biz à la nouvelle Louise Cousineau de la Presse, Hugo Dumas.

Dommage que le format de l'émission s'y prête mal, puisque celles qui pourraient aborder le sujet sérieusement sont souvent en carence d'un audimat qui n'est pas déjà converti à la prêche. 

Et malheureusement, l'éclipse médiatique que représente la tragédie d'Haïti a fait aussi passer ce triste anniversaire dans les oubliettes de l'actualité.

On a bien parlé du spectacle donné au cabaret La tulipe. Cependant, la controverse entourant Loco Locass est venu un peu gâcher le message que les cadenassés ont voulu envoyer.

Heureusement, il restait Rue Frontenac pour souligner cet anniversaire. Mais il aurait fallu que le 24 janvier dernier soit devenu une occasion en or pour relancer le débat sur la convergence médiatique, la collusion des entreprises de presse et des partis politiques, la transformation des médias imprimés et l'avenir du web dans la diffusion de l'information.

Je termine cet article en réaffirmant mon soutien indéfectible aux cadenassés, et bien que plusieurs amis et connaissances  en fassent partie, la motivation profonde de cet appui réside dans le fait que l'enjeu de ce conflit va bien au-delà de la protection des emplois des madames des petites annonces.

C'est la protection de la diversité de l'information, cruciale à la démocratie, qui est en jeu.




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