mardi, septembre 08, 2009

Afghanistan : un vase de Petri?





L'Afghanistan est-elle réellement prête pour la démocratie? Et encore, est-elle faite pour la démocratie?

Ces questions se pose une fois de plus alors que sortent les résultats de la deuxième élection présidentielle tenue dans ce pays à la stabilité politique équivalente à un mélange coke-Mentos.

Il semblerait, selon les derniers reportages, qu'Hamid Karzaï soit en voie de prolonger son mandat, avec 54,1% des suffrages et 91,6% du scrutin de dépouillé.

Toutefois, de façon tout à fait imprévisible, la commission électorale afghane aurait découvert des preuves "convaincantes" de fraude, du genre suffrages à 94% ainsi que des taux de participation de 100%.

De plus, deux électeurs ont payé de leur doigt encré le prix de leurs convictions, les groupes d'insurgés démontrant leur opposition au scrutin avec toute la bravoure et la civilité qu'on leur connaît.

Évidemment, tout ceci exclut le fait que l'Afghanistan est encore une société tribale dans laquelle il est tout à fait acceptable de tuer pour racheter l'honneur - nonobstant la noblesse qu'on peut trouver dans le pashtunwali en l'édulcorant un tant soit peu. Un pays dont la population pashtun du sud ne reconnait même pas la frontière - étanche comme une tente Canadian Tire - qui la sépare du Pakistan, dont la partie nord-ouest regorge de fanatiques islamistes et où le gouvernement ne met même plus les pieds.

Dans la foulée de l'attaque vicieuse au cours de laquelle deux ingénieurs des Forces canadiennes ont péri, je me sens en droit de me poser ces sérieuses questions. Et je ne crois pas que ce peuple jadis fier, qui n'est plus que l'ombre de son histoire, soit prêt à l'exercice démocratique tel que nous le connaissons. Du moins, pas tant qu'il n'y aura pas une réelle sécurité, assurée par les autorités locales.

Il semblerait qu'à vouloir faire de l'Afghanistan un vase de Petri sociologique pour s'y livrer à une multitude d'expériences, nous avons oublié quelque chose de fondamental : ce sont avec des vies humaines que nous jouons. Des femmes, hommes et enfants qui ne demandent qu'une chose : vivre leur vie en paix, comme nous le faisons.

Pas étonnant qu'après 8 années de promesses brisées - suivies de décennies de la même rengaine - il s'installe un certain cynisme qui me rappelle vaguement celui que nous éprouvons envers nos propres institutions. Seulement, il n'aura pris aux Afghans que huit années à réaliser ce qui nous a pris quelques siècles.

Au fond, peut-être sont-ils moins arriérés que certains peuvent le penser.



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