mardi, juin 03, 2008

Réflexion sur l'affaire Khadr



Plus on parle d'Omar Khadr, plus les voix de la discorde se font entendre, et plus je réfléchis sur ma position personnelle .

Honnêtment, cette affaire me déchire un peu. D'un côté, un adolescent même âgé de seulement quinze ans, reste doté de raison, et le fait d'avoir rejoint le jihad afghan - contre l'Occident et ses valeurs - devrait être considéré de facto comme une répudiation de sa citoyenneté canadienne.

De l'autre, il y a les dispositions prévues dans les Conventions de Genève concernant les enfants-soldats.

Qu'on le veuille ou non, nous nous sommes dotés de ces conventions, tout comme de la Déclaration des droits de l'Homme. Du point de vue militaire, je peux comprendre que ces outils légaux puissent parfois être un obstacle, compte tenu que l'ennemi moderne ne respecte pas de telles ententes. L'ennemi sait cependant s'en servir contre nous, l'utilisant à son avantage lorsqu'il est capturé, soutenu qu'il est par des groupes pacifistes d'une naïveté sans borne.

Un traité tel que les Conventions de Genève demeure cependant l'élément-clé qui nous différencie de groupes tels que les extrémistes islamistes. Le respect des Conventions et le bon traitement des prisonniers de guerre consitute, en théorie, l'avantage moral qui nous place au-dessus de l'ennemi. Dans des cas comme Guantanamo, où l'administration Bush a décidé de nier aux prisonniers le statut de prisonnier de guerre, l'avantage moral est perdu, ouvrant la porte aux contestations.

Par définition, selon les Conventions, les combattants talibans et autres jihadistes ne sont pas des soldats, ne possédant ni grade ni numéro de matricule. Tel est la lacune qui permet aux autorités américaines de se torcher avec du double épaisseur - la Convention de Genève et leur propre Bill of Rights.

Je pose la question : serait-il temps de réformer les conventions relatives aux prisonniers de guerre, afin de les adapter à l'évolution des conflits armés du XXIe siècle?